Normandie

En Normandie, et plus particulièrement à Rouen, les étudiants en IFMK (Institut de Formation de Masso-Kinésithérapie) ont vu leurs frais de scolarité être multipliés par 25. Nous avons pu rencontrer Léna Maridaux, étudiante à l’IFMK de Rouen, pour comprendre la situation.

 

Par Thibaud Arnoult
Temps de lecture : 8 min 

IFMK en Normandie

 

normandie

Pouvez-vous nous rappeler la situation des IFMK en normandie ?

Il existe 3 IFMK en Normandie : celui de Rouen (public), celui d’Evreux (privé à but non lucratif) et celui d’Alençon (privé à but non lucratif). La région Normandie a fait le choix en 2017 d’aligner les frais de scolarité entre les différents instituts, multipliant alors les frais de scolarité de Rouen par ​plus de ​25.​ Le 26 juin 2017, la région vote l’harmonisation des frais de scolarité à 4700€ : Alençon voit ses frais de scolarité diminuer de 1000€ et Rouen augmenter de 4700€. La région justifie ce choix par des arguments “d’équité”. Aujourd’hui, les 3 instituts sont donc à 4700€ l’année. A ces frais s’ajoutent la CVEC (91€) ainsi que les frais d’université dont les étudiants doivent s’acquitter (170+40€) à Rouen.

 

Un étudiant souhaitant devenir kinésithérapeute devra donc débourser, voire ​s’endetter de 20 000€ (pour 4 ans d’études) afin de devenir professionnel de santé. Cependant, la FNEK (Fédération Nationale des Étudiants en Kiné) a mis en avant “​l’illégalité” des frais d’inscription facturés aux étudiants de l’IFMK public de Rouen par la Région Normandie. En effet, de tels frais ne peuvent s’appliquer que s’ils sont ​spécifiques à certains enseignements et ​facultatifs​.

 

En 2018, la région décide de mettre en place des ​contrats de fidélisation (remboursement des frais de scolarité à posteriori des études). Les contrats de fidélisation ne sont qu’une solution palliative au non financement de notre formation. Si les étudiants souscrivent ces contrats, ce n’est pas par choix, mais par nécessité pour financer leurs études. S’ils s’installent, c’est par la coercition car ils n’ont d’autres choix que de souscrire ces contrats. De plus, les étudiants, avec de tels frais de scolarité, se voient réellement privés de leur liberté d’installation : il est presque impossible de s’installer en milieu salarié avec des emprunts pouvant monter jusqu’à plusieurs dizaines de milliers d’euros. De plus, les étudiants ne se sentent pas redevables envers la région et vont davantage s’installer dans d’autres régions une fois diplômés. Ce système de contrat de fidélisation a déjà été mis en place en Région Bretagne, qui n’a vu aucune amélioration sur la densité de kinésithérapeutes dans les zones sous-dotées.

 

Par exemple, dans la région Centre-Val-De-Loire, la formation est financée dans une région en crise démographique. De même, la région Grand-Est voit une très grande proportion d’étudiants s’installer dans la région une fois diplômés. Ce n’est pas le cas dans les régions qui ne financent pas les étudiants kinés. Ainsi, les faits démontrent que pour répondre aux besoins du territoire en professionnels de santé, le financement se présente comme une meilleure solution.

 

Dans le même registre : Les conseils du Président de la FNEK pour réussir ses études de Kinésithérapie 

 

La précarité étudiante est-elle présente dans les IFMK en Normandie ?

En 2019, un questionnaire évaluant le bien-être des étudiants en masso-kinésithérapie a été réalisé par la FNEK. Ci dessous les données relatives aux frais de scolarité issue des données provenant des trois IFMK normands.

 

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