sage-femme

Comment devenir sage-femme ? Comment se déroulent les études ? Flore, étudiante sage-femme et vice-présidente de l’ANESF (Association Nationale des Etudiant.e.s Sages-Femmes), nous explique tout !

 

Devenir sage-femme

 

C’est quoi un.e sage-femme ?

Tout d’abord, le mot de “sage-femme” signifie la sagesse sur la femme, il s’emploie donc pour les hommes comme pour les femmes. Les sages-femmes sont des professionnels qui s’occupent de la santé des femmes. Ils assurent le suivi gynécologique tout le long de la vie d’une femme, ils les suivent pendant les IVG, la grossesse, l’accouchement, et assurent le suivi après un accouchement.

Les sages-femmes peuvent exercer :

  • en libéral, et s’installer en ville dans un cabinet par exemple,
  • en milieu hospitalier et travailler en salle de naissance ou en suite de couches,
  • en tant que sage-femme territoriale, pour s’occuper de personnes en situation de vulnérabilité,
  • en tant que sage-femme enseignante,
  • en tant que sage-femme cadre.

 

Quelles sont les études pour devenir sage-femme ?

Les études de sage-femme durent 5 ans : on y accède par une première année de PASS, de LAS ou de Licence Sciences Pour la Santé. Il existe aussi des passerelles pour accéder à la 2e année d’études de sage-femme. Le niveau d’études (bac+5) donne accès à un diplôme de niveau Master.

 

#1 La première année de santé (PASS, LAS, LSPS...)

 

C’est quoi le PASS et la LAS ?

Le PASS (Parcours d’Accès Spécifique Santé) est une année d’études lors de laquelle on étudie la santé en majeure et n’importe quel autre domaine en mineure. C’est une année qui ne peut pas être redoublée ! Soit on valide son année, et on accède aux études dans l’une des filières MMOPK (Médecine, Maïeutique, Odontologie, Pharmacie, Kinésithérapie), soit on ne valide pas son année, et on peut continuer les études dans le domaine de sa mineure choisie. Il est alors possible de passer en deuxième année de LAS de sa mineure.

La LAS (Licence d’Accès Santé) ressemble à un parcours licence classique, elle peut donc durer 3 ans. L’étudiant aura une majeure de son choix (langues, biologie, histoire…) et une mineure santé. Si la première année est validée, on peut accéder aux filières MMOPK, comme en PASS. Sinon, on peut continuer le parcours licence. Après une LAS, on peut choisir de continuer ses études vers un niveau Master de sa majeure.

Un étudiant a donc toujours 2 chances pour accéder aux filières MMOPK.

 

Un mot sur les Licences Sciences Pour la Santé (LSPS) dans certaines universités ?

La Licence Sciences Pour la Santé (LSPS) sont un entre-deux : l’étudiant y aura une majeure santé et une mineure de son choix. C’est une formation diplômante qui permet de travailler dans le domaine de la santé mais pas du soin. Si on valide sa première année, on peut tenter un passage vers les filières MMOPK. La LSPS donne accès à des formations de Master pour devenir directeur d’hôpital, par exemple, mais les universités qui la proposent sont rares et il n’y a pas beaucoup de places.

 

Quelles spécialités choisir au lycée pour faire des études de sage-femme ?

L’objectif principal à ce stade est d’obtenir son baccalauréat : je conseille donc surtout de choisir les matières dans lesquelles on est le plus à l’aise. L’objectif de la réforme des études de médecine est de diversifier les profils, donc on peut accéder aux études de médecine sans avoir un profil exclusivement scientifique. Dans le cas d’une LAS, il faudra choisir une majeure dans laquelle on sera à l’aise, pour avoir des bonnes notes et valider son année.

 

Comment se déroule l’année de PASS/LAS ? Les partiels, le classement ?

Le déroulement précis reste propre à chaque université, mais globalement, c’est une année assez chargée. Pour cette raison, de nombreux dispositifs de tutorats sont mis en place pour accompagner les étudiants, fournir des supports pédagogiques et du soutien. Les tutorats sont souvent assurées par les étudiants en 2e année, qui sont donc très bien placés pour guider les nouveaux étudiants. C’est une vraie aide qui va rythmer la première année d’études.

En LAS, l’année ressemble globalement à une année de licence classique, et en PASS il peut y avoir des concours ou examens classants à l’échelle de l’université au premier et au second semestre, cela dépend des universités.

 

Pour bien comprendre le système de PASS & LAS, retrouve notre dernière vidéo sur ces deux voies d’accès :

 

 

Un mot sur le numérus apertus ?

Le numérus apertus remplace le numérus clausus, qui déterminait le nombre de places en 2e année des filières MMOPK. Le numérus apertus détermine le nombre de places en 2e année à la fois en fonction des besoins en sages-femmes (et autres filières) sur le territoire, et en fonction des capacités d’accueil des universités.

 

Comment se passe l’admission en études de sage-femme ? (oraux, grands admissibles…)

Si on valide sa première année avec plus de 10 de moyenne, on peut tenter sa chance pour passer en 2e année des filières MMOPK. En fonction des moyennes des autres étudiants, une moyenne sera fixée, au-dessus de laquelle les étudiants qui ont les meilleurs résultats seront déclarés “grands admissibles”, avec un passage direct en 2e année. En-dessous de cette moyenne, il faudra passer un oral qui donnera accès à la 2e année. Si on échoue à l’oral, on peut retenter sa chance l’année suivante, continuer dans une LAS de sa mineure si on était en PASS, ou continuer sur sa majeure si on était en LAS.

 

Question fréquente : peut-on redoubler son année de PASS ? de LAS ?

On ne peut pas redoubler sa PASS : si on ne valide pas sa première année de PASS, il faut se réorienter vers une LAS ou une autre formation.

En LAS, le redoublement est possible, mais il n’y aura alors plus d’accès aux études de santé : ce sera donc un redoublement en licence de sa majeure, sans la mineure santé.

 

Tous nos contenus sur le PASS et les LAS sont à découvrir ici !

 

#2 Les études de sage-femme

 

Après la 1ère année, comment vont s’organiser les 4 ans d’études de sage-femme ?

Les 4 années d’études se divisent en 2 cycles : le 1e cycle, qui regroupe les 2e et 3e années d’études, et le 2e cycle, qui regroupe les 4e et 5e années d’études. Dès la 2e année d’études de sage-femme, on est très rapidement sur le terrain, en alternant très tôt un rythme entre les cours et les stages. Pendant les 4e et 5e années d’études, on est étudiants hospitaliers, ce qui veut dire qu’on travaille à mi-temps.

 

Pourquoi tu as choisi ce parcours ?

Quand j’ai commencé les études de santé, j’ai vite décidé que je voulais travailler auprès des femmes. Avant je ne savais pas toutes les compétences de cette profession, c’est en m’y intéressant que j’ai découvert le rôle des sages-femmes dans la vie des femmes.

 

Ce que tu aimes le plus dans ton quotidien d’étudiante sage-femme ?

Les cours m’ont permis de découvrir beaucoup de choses différentes et plein de matières inattendues. Par exemple, nous avons eu des enseignements de sensibilisation à la recherche, parce que les professionnels de santé doivent être capables de lire, comprendre et avoir une approche critique des articles de recherche dans le domaine de la santé. L’enseignement de la culture scientifique fait partie du parcours et ça m’a permis de découvrir que la recherche m’intéressait beaucoup.

 

 

Découvre aussi : Une journée en fac de médecine

 

 

Quel est le profil des étudiants en études de sage-femme ? (parcours, étudiants en reconversion…)

Les parcours sont extrêmement divers, surtout avec les accès via LAS : il y a beaucoup de parcours scientifiques mais on peut aussi trouver des profils issus d’études d’histoire, de droit… Il y a beaucoup de passerelles vers les études de sage-femme, donc il y a pas mal de personnes en reconversion, depuis d’autres filières de santé ou même des domaines complètement différents, des comptables par exemple. Il y a par exemple des personnes qui se réorientent vers ces études après un premier contact avec le métier, après un accouchement ou après être devenus jeunes pères. La majorité des étudiants sont des étudiantes, mais le domaine se démocratise petit à petit. Dans une promotion, nous avions 7 hommes sur 25.

 

Quelles sont les matières étudiées ? Quel est le volume horaire par semaine ?

Il y a des matières diverses, comme l’obstétrique (tout ce qui concerne le suivi de la grossesse), la gynécologie (tout ce qui concerne la santé des femmes : vie sexuelle, contraception…), la prévention, la pharmacologie (connaissances concernant les médicaments), la pédiatrie (la santé des nouveaux-nés et des bébés), mais aussi la recherche, les sciences humaines et sociales, la psychologie (notamment concernant la relation sage-femme/patiente), l’éthique…

Concernant le volume horaire, il n’est jamais fixe : les périodes de cours et de stages s’alternent tout le long de l’année. De manière générale, les journées sont chargées, avec des cours entre 8h et 17h, mais il y a pas mal d’enseignements pratiques, ce n’est pas que des cours comme au lycée.

Pendant les périodes de stage, on fait des gardes de 12 heures, le jour ou la nuit. En général, la semaine est arrangée de manière à bien alterner les gardes de jour et de nuit, avec des périodes de repos.

 

Comment as-tu réussi à concilier les stages et les études ?

Au début, les gardes de nuit font assez peur, mais il y a toujours beaucoup d’activité, même la nuit, on reste donc très occupés. Le rythme s’articule bien aux périodes de cours, avec des temps de repos. Les stages permettent aussi de vraiment bien se projeter dans la profession, donc ça motive !

 

Quelles sont les compétences que tu as pu acquérir en stage ?

  • Des compétences techniques, donc par exemple les gestes techniques pendant et après un accouchement, aussi des gestes d’infirmerie, les prises de sang, etc.
  • Des compétences humaines, à travers le dialogue avec les couples, mais aussi une certaine confiance ses capacités.
  • De l’autonomie et de la confiance en soi.

De manière générale, plus on fait de stages, plus on développe ses compétences et donc sa confiance. Les échanges, le lien avec les couples étaient particulièrement valorisants pour moi.

 

Quelles sont les difficultés que tu as pu rencontrer ?

Le rythme est très soutenu. Pour cette raison, nous demandons à ce que la maquette d’études soit revue et que les études de sage-femme se fassent en 6 ans au lieu de 5. Il faut revoir les volumes horaires, nous nous sommes rendus compte que nous avions plus de 1000 heures de plus par rapport aux autres filières ! Cela est dû à l’ajout de nouvelles compétences au fil des années, comme le suivi gynécologique, la vaccination des nouveaux-nés et de l’entourage… Le métier se développe, et la formation devrait le refléter et s’adapter à ce développement.

 

Des questions ? Contacte des étudiants en médecine !

Contacte un étudiant en PASS / LAS (ex PACES)

 

Un moment inoubliable de tes études ?

Pendant mon dernier stage, j’ai accompagné une femme pendant son premier accouchement. C’est un très beau moment qu’il est très valorisant de vivre.

 

Comment s’articule la vie associative aux études de sage-femme ?

Je suis actuellement en année de césure entre mes 3e et 4e années d’études pour me consacrer à l’ANESF. J’ai fait ce choix car notre profession est très méconnue et pas toujours valorisée (salaires, perception du métier…) Je crois profondément en notre profession et notre formation et j’aimerais contribuer à leur donner une meilleure reconnaissance. La vie associative est une partie de la formation, et avec le temps que les étudiants passent sur le terrain, la plupart finissent par s’engager dans l’activité associative, parce qu’on a envie que la profession s’améliore.

 

Est-ce que des passerelles en Master/poursuite d’études sont possibles ?

Il est possible de préparer et obtenir un Master de recherche pendant ses études, et de poursuivre ensuite vers un doctorat de recherche. On peut obtenir des diplômes universitaires en échographie, sexologie, gynécologie, tabacologie et prise en charge des addictions.

Concernant les passerelles, on peut entrer en 2e ou 3e année d’études sur dossier, en se rapprochant d’une université ou centre de formation. EN général, le passage se fait en 2e année car il est important de passer par les stages qui commencent dès la 2e année.

 

Un dernier mot pour les lycéens qui souhaitent devenir sages-femmes ?

N’hésitez pas à vous lancer ! C’est une belle profession, qui est très large et en pleine mutation : elle est en train d’évoluer, nous sommes dans une période charnière.

 

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