Devenir Infirmier IFSI

Comment devenir infirmier ? Quels sont les débouchés en soins infirmiers ? Comment se passe l’admission en IFSI ? Manon, étudiante en soins infirmiers et présidente de la FNESI (Fédération Nationale des Etudiant.e.s en Sciences Infirmières), répond à nos questions.

 

 

Découvre aussi notre vidéo sur les études en soins infirmiers et comprendre comment devenir infirmière : 

Devenir infirmier

 

Qu’est-ce qu’un infirmier ? Quelles sont ses tâches au quotidien ?

Les missions principales d’un infirmier sont de prendre en charge de manière holistique de la santé des patients, de veiller aux soins en continuité, faire de la prévention, de l’éducation thérpeutique, de la prévention. Il s’agit de prendre en charge le patient dans sa globalité, et interagir avec les différents acteurs de santé et professionnels. Un infirmier peut travailler en maison de santé, en service hospitalier, en libéral ou à domicile, par exemple.

 

Quelles sont les études pour devenir infirmier ?

Pour devenir infirmier, il faut passer par Parcoursup pour faire une formation en IFSI (Institut de Formation en Soins Infirmiers), en 3 ans. Pendant ces 3 ans, la formation est une sorte d’alternance entre des cours théoriques et de nombreux stages. Les cours abordent différentes matières, qui vont de la recherche, à la psychologie, en passant par le cadre législatif. Il y aura aussi des travaux pratiques avec des actes et des gestes plus précis.

 

Comment s’organisent ces trois années d’études ?

La formation s’organise en 6 semestres. Au tout début de la formation, il y a beaucoup de théorie. Chaque IFSI a son fonctionnement propre au niveau de l’organisation des stages par semestre, mais globalement, en 1e année, on compte 3 périodes de stages, en 2e année 4 périodes et en 3e année 5 périodes. Le sixième et dernier semestre de la formation, on passe la majorité de son temps sur le terrain, en stage, et ce qui reste de cours nous préparent à notre mémoire. Le mémoire s’organise selon un sujet choisi par l’étudiant ou un sujet imposé en groupe, encore une fois ça dépend des IFSI. Le mémoire se fait en 3e année d’études, même si les deux premières années nous devons réaliser quelques travaux pour initier à la recherche. A noter que tout le long du parcours, il faut prévoir beaucoup de travail en autonomie, que ce soit pour les cours en e-learning à la maison ou la charge de travail personnel.

 

Pourquoi as-tu choisi ce parcours ?

J’aime beaucoup le soin et le domaine médical, que ce soit avec les patients ou au niveau de la prévention ou l’éducation thérapeutique. Ce qui me plaît aussi dans le métier d’infirmer, c’est la pluridisciplinarité, le fait que ça touche à beaucoup de choses et qu’on travaille en interprofessionnalité, en échange avec d’autres professionnels pour une meilleure prise en charge des patients.

 

Découvre notre page dédiée aux soins infirmiers et contacte un étudiant en IFSI :

Les Études en Soins Infirmiers (IFSI)

 

Ce que tu aimes le plus dans ton quotidien d’étudiante infirmière ?

Le fait que le métier et la filière évoluent : la recherche est de plus en plus présente dans ce domaine et on travaille de plus en plus à la reconnaissance du métier dans le système de santé et du parcours de soins.

 

Quelles sont les spécialisations à prendre au lycée pour faire des études en soins infirmiers ?

J’ai personnellement passé un bac technologique sanitaire et social (ST2S), avec beaucoup de biologie, et tout ce qui a attrait au social car cela fait partie de la prise en charge. On voit maintenant une émergence des bac pro et bac STL, avec aussi beaucoup de biologie, et ces profils s’en sortent très bien dans les études d’infirmier. Ceci dit, selon moi, si quelqu’un est intéressé et motivé par le métier d’infirmier, on peut faire ce parcours même sans spécialisations très scientifiques, comme les cours seront repris en début de formation, et qu’on peut trouver des associations locales avec des tutorats et globalement une forte entraide étudiante.

 

Quel est le profil des étudiants en soins infirmiers ?

Il existe des quotas : il y a un certain quota pour promotions pro, il s’agira donc souvent d’étudiants un peu plus âgés. Ça dépend des IFSI, dans le mien, il y avait 40 places réservées pour des reconversions professionnelles sur une promo de 140 étudiants. Le reste des étudiants était en post-bac : on trouvait des diplômés de bac général, de bac technologique, de bac STL et un peu moins de bac pro, même si on en trouve de plus en plus.

 

Comment ça marche les IFSI sur Parcoursup ? Comment se démarquer sur Parcoursup pour le parcours d’infirmier ?

Les directeurs des IFSI examinent les différentes candidatures et sélectionnent les étudiants. Un conseil aux élèves intéressés serait de veiller à remplir toutes les cases, y compris la partie « centres d’intérêt » par exemple, qui n’est pas toujours obligatoire mais qui est quand même prise en compte par certains directeurs. Il faut vraiment faire part de sa motivation et ne pas hésiter à partager différentes expériences, que ce soit du bénévolat, des stages, même si on se dirait que ça n’a rien à voir avec les études. Ceci dit, le manque d’expériences n’est pas pénalisant !

Il n’y a plus de concours pour les étudiants post-bac, il suffit de sélectionner les IFSI auxquels on veut candidater. A noter que parfois la réponse peut tarder : j’ai été appelée le 17 août pour mon école ! Il y a des concours à passer pour les candidats en reconversion professionnelle, il y a un écrit mais pas d’oral.

 

Rappel des dates Parcoursup :

  • 20 décembre 2022 : ouverture du site d’information
  • 18 janvier 2023 : ouverture de la plateforme Parcoursup et formulation des vœux
  • 8 mars 2023 : date limite de la formulation des vœux
  • 6 avril 2023 : date limite pour compléter son dossier et confirmer ses vœux
  • 1er juin 2023 : lancement de la phase principale d’admission (réponses des formations)
  • Mi-juin jusqu’au 13 juillet 2023 : lancement de la phase complémentaire

 

 

Quelles sont les matières étudiées ? Quel est le volume horaire par semaine ?

Il y a un total de 59 unités d’enseignement pour la formation, avec par exemple des cours de psychologie, de législation, de biologie, de recherche infirmière, d’anglais, ou encore sur les méthodes de travail, le soin relationnel, les processus traumatiques ou obstructifs, mais aussi des cours sur le travail en interprofessionnalité.

Le volume horaire dépend encore une fois des IFSI : il y a des cours de e-learning en vidéo, par exemple, où la plus grande partie du travail se fera chez soi ou en BU.

 

 

Comment as-tu réussi à concilier les stages et les études en soins infirmiers ?

C’est une organisation ;périodes bien différenciées. Comme on ne choisit pas où on va en stage, parfois on retrouve en stage des notions qu’on n’a pas encore vues en cours. I ne faut pas hésiter à faire ses propres recherches, à poser des questions aux professionnels qui sont là pour nous accompagner. Je me rappelle d’un de mes stages où l’infirmière référente m’avait donné tous ses cours sur quelque chose que je n’avais pas encore vu en cours. J’ai donc pu apprendre tout ça de mon côté et une fois qu’on en a parlé en cours, j’étais très à l’aise avec le sujet ! De manière générale il y a quand même une complémentarité avec ce qu’on fait sur le terrain et ce qu’on voit en cours.

 

Quelles sont les compétences que tu as acquises en stage ?

Sur le bilan de stage, il y a un total de 10 compétences réparties en sous-compétences sur lesquelles nous sommes évalués en fin de stage et qu’on attend de nous, mais il y a aussi des compétences qui n’y figurent pas. Par exemple, on apprend à gérer les soins, parfois on apprend à gérer ses propres émotions, une manière de s’organiser, d’interagir avec les autres, et surtout on apprend à devenir très attentif au moindre détail et à gérer l’urgence ! On peut aussi acquérir la compétence d’encadrer d’autres étudiants, j’ai par exemple été amenée à encadrer des étudiants aides-soignants ou des étudiants en soins infirmiers plus jeunes que moi.

 

Quelles sont les difficultés que tu as pu rencontrer ?

La difficulté la plus partagée par les étudiants en soins infirmiers est la gestion du stress avant d’aller en stage : on arrive dans une équipe en connaissant les tensions au niveau du système de santé actuel. Si un stage se passe mal, il faut savoir se poser la question de comment continuer sa formation. Concernant la partie théorique des cours, je n’ai pas eu de difficultés sur ce plan personnellement, mais ceux qui ont un peu plus de difficultés à assimiler les cours peuvent avoir du mal à progresser. Heureusement, pour cela, il existe pas mal de dispositifs d’entraide par et pour les étudiants : il y a en soins infirmiers un élan de solidarité assez remarquable.

 

Un moment inoubliable de tes études ?

Je dirais que c’est le moment où j’ai rencontré la FNESI : je me suis inscrite à la commission défense des droits, ce qui m’a permis de me rendre compte de tout ce qui n’allait pas dans notre profession, et comment nous en tant qu’étudiants avions la possibilité de changer les choses. Maintenant, cet engagement fait partie intégrante de mes études et de ma vie étudiante.

 

 

À découvrir : notre classement des IFSI sur Parcoursup !

Classement des IFSI (Institut F. Soins Infirmiers) en 2022

 

 

 

 

Comment s’articule la vie associative aux études en soins infirmiers ?

Il y a tout ce qui passe par les BDE (Bureaux Des Étudiants), bien connus pour organiser des événements, mais aussi l’aspect tutorats et innovation sociale qui se met de plus en plus en place pour répondre aux besoins des étudiants, en particulier sur les questions de précarité. Les associations locales font par exemple des demandes de subvention pour installer des distributeurs de protections périodiques, ou des partenariats pour proposer des paniers alimentaires à moindre coût, elles organisent aussi elles-mêmes des tutorats où les étudiants performants prendront sur leur propre temps pour aider les étudiants plus en difficulté. Le niveau d’engagement dans ces dispositifs dépend de chacun, mais on retrouve un engagement de fond solide chez beaucoup d’étudiants.

Nous demandons à ce que l’engagement étudiant soit plus valorisé : chaque étudiant infirmier sera confronté aux problèmes du système de santé, et c’est ensemble qu’on arrivera à améliorer les choses. La devise de la FNESI est : « Seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin ».

 

Est-ce que des passerelles en Master ou poursuite d’études sont possibles ?

La poursuite d’études est de plus en plus demandée après le socle des études d’infirmier, pour faire un Master IPA (Infirmier en Pratique Avancée) ou encore développer une spécialité, pour devenir par exemple infirmière puéricultrice. A la sortie du diplôme, pour un IPA par exemple, il y aura quand même 3 ans d’exercice minimum pour obtenir le statut, mais c’est un des sujets sur lesquels les étudiants infirmiers sont en lutte.

On voit aussi des profils qui se dirigent vers la santé publique, et qui sont motivés par la perspective d’œuvrer pour la revalorisation du métier et pousser la discipline science infirmière à une vraie reconnaissance académique et professionnelle.

 

Un dernier mot pour les lycéens qui souhaitent devenir infirmiers ?

Je les encourage à demander des stages et un avis aux professionnels : c’est un métier qui est parfois, et surtout avec le système de santé actuel, pas forcément en accord avec les représentations. Faire des stages, même un week-end, permet de voir s’ils sont à l’aise avec la prise en charge et les différents services. Dans tous les cas, si c’est un métier qu’ils ont envie de faire, il faut y aller : c’est 3 années qui ne sont pas toujours faciles mais le métier en vaut la chandelle.

Merci à la FNESI pour la collab !

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