Prépa PSI

Après une prépa PSI (Physiques Sciences de l’Ingénieur), Arnaud a été accepté à l’X. Aujourd’hui, il livre ses conseils pour décrocher l’X.

Par Gauthier Moussy
Temps de lecture : 5 min

 

 

Quelle a été ta préparation en prépa PSI ?

Le concours se déroule en 2 phases ; une première d’écrits, souvent entre avril et mai. Les épreuves concernent toutes les matières que l’on va étudier dans notre filière, notamment physique, mathématiques, français, et sciences de l’ingénieur pour ma part. Suite à ces écrits, si l’on est admissibles, on a une période d’oraux qui va durer une semaine. Ils se déroulent entre juin et juillet. Les épreuves durent 1 heure par matière en général, parfois plus pour certaines épreuves, qui ont lieu au tableau comme une colle (épreuves orales d’entrainement) devant un ou deux examinateurs. La petite particularité est l’épreuve de sport, qui compte dans la note finale. 

 

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Aurais-tu deux conseils à donner pour bien préparer le concours ?

– Mon premier conseil est d’arriver reposé, d’avoir bien dormi, de prendre soin de sa santé. Il faut certes travailler, mais aussi faire attention et arriver en pleine possession de ses moyens.

– L’autre conseil que je peux donner, qui est pour moi le plus important, est de se mettre le moins de pression possible. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit seulement d’une épreuve, d’un concours pour une école, et donc la suite de la carrière ou des études ne dépend pas que de cela. Allez-y sans trop de pression, c’est la meilleure chose à faire.

 

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Quelles sont les erreurs à ne pas commettre en prépa PSI ? 

La 1e erreur à ne pas faire, pour moi c’est de ne pas baisser les bras trop vite, d’abandonner sans avoir été au bout de ses limites. En prépa, on nous en demande énormément, on doit apprendre beaucoup de choses dans un laps de temps court, et souvent, les résultats peuvent avoir du mal à se faire ressentir, et parfois arrivent juste le jour du concours. 

 

La 2e erreur à ne pas faire est de négliger sa santé. Je conseille (et je ne suis pas le seul) de prendre du temps pour soi. On n’a pas beaucoup de temps libre en prépa, mais c’est important de savoir s’arrêter pour passer du temps avec sa famille, ses amis, faire des activités qui nous motivent et maintiennent sain d’esprit.

 

Et enfin, un dernier conseil est d’essayer de prendre du recul sur ce qu’on apprend, parce qu’on va devoir apprendre énormément en peu de temps. Donc essayez de relativiser tout ce qu’il se passe.

 

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Comment as-tu géré ton emploi en prépa PSI ?

Pendant la prépa PSI, j’étais externe, c’est à dire que je logeais chez mes parents. Globalement, la prépa demande vraiment beaucoup de travail. Essayez d’être sérieux sur le long terme, car cela représente 2 années de vie qui sont assez longues et dures. Essayez d’être constant dans votre travail, de faire un peu de sport, de la musique, une activité reposante qui détende. 

 

On n’a pas beaucoup de temps libre, mais ce sont des moments dont il faut profiter, pour être avec la famille, les amis, etc. Enfin, se reposer et ne pas négliger le sommeil. Concernant les horaires, la journée type commençait à 8h à l’école jusqu’à 17h ou 18h, avec parfois des colles, c’est à dire des épreuves orales d’entrainement qui se passent au tableau. 

 

Ce qui est bien en prépa, c’est qu’il y a quand même une cohésion assez forte entre les élèves, car on est tous dans le même bateau et qu’on veut tous réussir aux concours ; on souhaite  la même chose à nos amis. Pour ma part, j’aimais bien travailler en groupe ; aider les autres et se faire aider. Cela permet de comprendre plus rapidement les chapitres et de rendre la prépa plus sympa. 

 

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Tu ne crois pas au cliché de la prépa comme un lieu de compétition fort entre les élèves ?

On entend souvent que la prépa est très dure, que c’est la « jungle » et qu’il y a beaucoup de compétition. Ce n’est pas du tout ce que j’ai vu ou ressenti. J’étais dans une petite prépa, nous étions 90 dans la promotion, on se connaissait tous et étions très proches ; nous étions une grande famille. Dans notre classe, il y avait une superbe ambiance, on bossait beaucoup en groupe, on s’aidait, parce qu’en prépa on va tous avoir des difficultés à un moment ou un autre, et c’est super de se faire aider par des camarades, et la semaine d’après leur donner un coup de main dans une autre matière. Je n’ai pas du tout ressenti mes années de prépa comme un moment de compétition. La barrière c’est nous-même, c’est à nous de travailler. Pour ma part, la compétition en prépa n’a pas lieu d’être.

 

Comment s’est passée la transition avec le lycée ?

Entre la prépa et le lycée, il y a une grosse différence, à la fois sur les choses qu’on apprend mais également sur la manière de travailler. En prépa, il faut essayer d’être le plus efficace possible, car on va avoir beaucoup de travail à faire dans un temps très limité. Pour ma part, je me suis mis rapidement à ficher mes cours. On se rend compte de la quantité très élevée de choses à retenir en 2 ans lorsqu’on voit le nombre impressionnant de fiches accumulées. Les travaux dirigés et les exercices sont un très bon moyen de s’approprier les notions de cours. La prépa, contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce n’est pas du par cœur, il faut essayer de comprendre. Pour cela, le meilleur moyen est de travailler les cours, mais aussi de faire des exercices, qui vous aideront à vous approprier le programme.

 

Dès le début de la Prépa PSI, as-tu pensé à Polytechnique, ou bien tu n’avais pas de choix fixes ?

Quand je suis rentré en prépa PSI, je ne savais pas encore où je voulais aller, étant donné que c’est assez dur d’évaluer son niveau puisque ce qu’on fait en prépa n’a rien à voir avec que qu’on étudie au lycée. Je voulais une école d’ingénieur en France. J’ai eu de bons résultats pendant ma 1e année, ce qui m’a permis de passer en classe étoilée. C’est une classe que les profs divisent en 2, et où rentrent davantage en profondeur dans le programme. J’ai passé le concours de Polytechnique à l’issu de ces 2 ans, et j’ai eu la chance d’être admis. C’est une grande fierté pour moi, et c’est quelque chose que je souhaitais de plus en plus quand je voyais que la prépa se passait bien. C’était un objectif que je m’étais fixé à la fin.

 

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As-tu un message pour les lycéens qui hésitent à faire une prépa PSI ?

Je leur dirais ceci : évidemment que la prépa, et encore plus la prépa PSI, n’est pas quelque chose de facile. Il y a beaucoup de travail. Néanmoins, c’est une période qui est inoubliable car d’un côté, c’est un épanouissement intellectuel parce qu’on apprend plein de nouvelles choses, comme par exemple des nouveaux pans de la physique, des mathématiques, et ça c’est vraiment super.

 

Et d’un autre côté, c’est une belle aventure humaine, on rencontre des gens qui ont tous globalement les mêmes centres d’intérêts que vous, qui ont envie de travailler et d’aller de l’avant. La prépa nous apprend aussi énormément sur nous-mêmes, car pour beaucoup c’est le 1er moment où on se retrouve devant un mur, une difficulté ; cela nous enseigne le dépassement de soi et des obstacles qui sont sur notre route. 

 

As-tu un message pour motiver les étudiants en prépa PSI ? 

Je leur dirai de ne rien lâcher, de continuer à y croire, d’avoir confiance en eux. Souvent les notes sont démoralisantes, mais les résultats en prépa ne comptent pas, au final seul les concours importent. La prépa c’est dur pour tout le monde, il n’y a pas de miracle, si vous travaillez et êtes motivés, à la fin ça paiera. Il ne faut jamais perdre espoir, continuer d’aller de l’avant et tout se passera bien.

 

 

Étudier à Sciences Po, par Arthur 

 

 

As-tu un dernier mot à ajouter, une anecdote sur tes oraux si tu le souhaites ?

Je n’ai pas vraiment d’anecdote donc je vais finir sur l’épreuve orale. C’est souvent le moment qui effraie le plus car on se retrouve face à un ou plusieurs examinateurs, on a l’impression que notre vie se joue à ce moment (comme je vous ai dit, ce n’est qu’un concours). Pour ma part, les examinateurs présents à mes oraux étaient très gentils et bienveillants, ça s’était bien passé pour Polytechnique. C’était davantage une discussion pour certaines épreuves qu’une évaluation purement scolaire.

 

Il ne faut pas avoir peur de l’épreuve orale, même si ça peut paraître un peu déstabilisant. Souvent, ce ne sont pas les épreuves qu’on pense avoir le mieux réussies dans lesquelles on a les meilleures notes. J’ai pu le vérifier sur beaucoup d’épreuves, donc si vous passez les concours et que le 1er oral ne se passe pas bien ou pas comme vous l’aviez souhaité, ne baissez pas les bras ; il faut continuer à y croire. Il y a beaucoup d’épreuves, tout le monde a eu des épreuves qui se sont moins bien passées, et pour autant ont quand même réussi leurs concours. 

Et sinon, bon courage à tous, ça va le faire !

 

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