Étudier Sages-Femmes à Angers

Blanche Sourdille, présidente de l’association des étudiants Sages-Femmes d’Angers, donne ses conseils pour réussir son cursus et devenir sage-femme à Angers.

 

Par Thibaud Arnoult
Temps de lecture : 8 min

 

 

Partie 1 : Devenir Sage-Femme à Angers

Devenir Sage-Femme à Angers

Comment s’organise la rentrée en Sage-Femme à Angers ?

A Angers, l’intégration de nos “pioupious” (petit nom donné à nos nouveaux arrivant) a commencé dès le 3 Juillet avec une pré-rentrée. Notre équipe pédagogique les a rencontrés, leur a présenté l’année et nous avons même pu leur glisser un petit mot sur notre association et nos missions.

 

La rentrée en sage-femme, c’est toujours beaucoup de papiers, inscription, assurance, prendre ses marques mais finalement pour beaucoup l’environnement est déjà familier puisque leur première année (Pluripass, l’année de sélection et d’accès aux filières Médecine, Pharmacie, Maïeutique, Kinésithérapie, Ergothérapie, Odontologie) avait lieu dans les mêmes locaux que ceux dans lesquels sont dispensés nos cours : la Faculté de Santé d’Angers.

 

Quelles sont les erreurs à ne pas commettre ?

Il y a deux erreurs à ne pas commettre, et il s’agit des deux extrêmes. La première serait de penser que finalement cette année de “concours” était le seul moment exigeant et difficile de ce cursus et que maintenant il est possible de relâcher tous les efforts. C’est une erreur souvent commise puisqu’il peut être compliqué de se projeter directement dans un parcours exigeant et professionnalisant après cette année très dure et très théorique, mais il est important de garder les pieds sur terre et de continuer à travailler régulièrement.

 

La deuxième erreur en étude de sage-femme serait de continuer avec une méthode d’apprentissage de concours. D’une part, cette méthode ne fonctionne pas sur des études comme les nôtres, avec un côté très pratique, qui nécessite une adaptabilité et un abord de l’humain. Les QCM laissent maintenant place aux situations réelles face à de vraies patientes. Il est indispensable de ne jamais séparer la théorie de la pratique, il faut toujours les rapprocher et toujours s’orienter dans une démarche professionnelle. En outre, cinq ans à un rythme effréné comme a pu l’être cette fameuse première année n’est pas sain. Il faut pouvoir souffler, s’accorder des pauses et profiter de cette vie étudiante qu’on n’a pu admirer que de loin pendant la P1.

 

Quelles sont les matières phares en 1ère, 2ème, 3ème et 4ème année ?

Chez nous on parle plutôt de 2ème, 3ème, 4ème et 5ème année. La première c’est la P1, cette fameuse année de concours. Au total on a 5 ans mais il est vrai qu’on ne rentre dans le vif du sujet qu’à partir de la deuxième année de sage-femme. Les matières centrales sont l’obstétrique, la pédiatrie et la gynécologie. On a aussi un bon bagage en santé publique pour se préparer au mémoire de fin d’année.

Vidéo : Comment devenir Sage-Femme ?

 

Comment bien s’organiser et ne pas s’éparpiller ?

Comme dans beaucoup de cursus, la clef c’est de travailler régulièrement. Avoir une liste de ses cours à jour pour savoir où on en est (imprimé – lu – appris – maîtrisé) est un bon outil. Après il n’y a pas réellement de méthode type, juste quelques astuces comme ne pas hésiter à se poser des questions entre amis et aussi aux étudiants des années supérieures qui sont aussi passés par là, se faire des fiches, et avant d’arriver sur un lieu de stage, se renseigner au maximum auprès de celles et ceux qui y ont été, relire ses fiches, pour y aller plus sereinement.

 

Pour se préparer aux épreuves cliniques, rien de mieux que de s’entraîner entre étudiants (et pour ça, on a un super tutorat) pour s’observer les uns les autres, c’est bien plus efficace.

 

Quand vont avoir lieu les stages pour les étudiants Sages-Femmes à Angers ?

Les nouveaux entrants ont déjà eu 3 semaines de stage pendant l’été dans un service du CHU ou d’ailleurs. Ensuite, durant leur 2ème année ils auront 10 semaines de stage réparties tout au long de l’année (5 stages de 2 semaines), dans les années supérieures c’est jusqu’à 27 semaines de stage par an. Alors pour répondre à la question : un peu tout le temps !

 

Comment faciliter son intégration, auprès des autres étudiantes et étudiants ?

Ce n’est pas très compliqué, notre école est constituée de petites promotions (de 15 à 35) et au total nous ne sommes qu’une centaine environ, alors rapidement on se connaît tous de plus ou moins loin. De plus, notre association organise plusieurs moments sympas pour apprendre à mieux se connaître : le barbecue de rentrée, le week-end de cohésion, les soirées, les goûters et à notre arrivée on se voit désigner un parrain ou une marraine qui est dans l’année supérieure sur lequel on peut s’appuyer tout au long de nos études.

 

Quelles sont les compétences nécessaires pour exercer le métier de sage-femme ?

Au delà des connaissances techniques et pratiques assez complètes que nos études nous inculquent, on apprend encore bien davantage. Nos expériences de stage nous confrontent à des situations difficiles, l’empathie, la réactivité, le travail en équipe, tout ça devient déjà notre quotidien. Ces années d’études nous font devenir des professionnels de santé s’inscrivant dans le parcours de soin de la femme sur le plan gynécologique et pendant la grossesse, dans sa vie sexuelle et affective, de sa puberté à sa ménopause.

 

Avant de devenir sage-femme, les études nous apprennent dès le concours à gérer notre stress et à en faire une source de motivation, et notre expérience de terrain est un véritable catalyseur pour développer les qualités humaines nécessaires à tout métier de soignant.

 

Pourquoi recommandez-vous aux étudiants de choisir cette filière ?

Parfois on choisit la filière, parfois c’est la filière qui nous choisit, ce sont les aléas des filières sur concours… Mais quoiqu’il arrive l’important est de s’écouter et de se renseigner. Si vous aimez le contact humain, que vous aimez l’adrénaline d’un métier où l’urgence tient une place à part entière et que vous n’avez pas peur de vous salir les mains (parce que ce n’est pas toujours du rose et des paillettes) et que vous voulez vous lancer, sachez que vous vous embarquerez dans une expérience assez palpitante. En passant du rire aux larmes, vous participez à des instants uniques dans la vie des gens. Les journées ne se ressemblent jamais… et les nuits non plus !

 

Dans le même registre : Réussir ses études de Sages-Femmes (vidéo)

Pourquoi venir étudier à Angers ? Quels sont vos atouts ici ?

Le CHU d’Angers c’est 3800 accouchements par an et c’est une maternité de type 3, alors pour apprendre la pathologie et les gestes techniques c’est idéal. Le cadre de vie à Angers est aussi à souligner. Angers a été désignée plusieurs fois première au classement des villes où il fait bon vivre pour les étudiants. C’est joli, c’est festif, la culture y est riche et on a la fameuse douceur (et la soupe…) angevine.

 

Partie 2 : L’Association des Etudiants Sages-Femmes d’Angers (AESFA)

Devenir Sage-Femme à Angers

L’AESFA c’est l’Association des Etudiants Sages-Femmes d’Angers. Notre association compte environ une centaine d’adhérents (98% des étudiants). Et pour la gérer, cette année dans le bureau, nous étions 18 !

 

Concrètement, quelles sont vos missions ?

Tout d’abord la mission assez standard des BDE (Bureau Des Etudiants), de manière générale : la cohésion. L’association organise un week-end de cohésion en début d’année et un barbecue, des goûters tous les mois, des soirées etc.

 

Nous avons également à coeur de fournir à nos adhérents des outils pour faciliter leurs études : un parrain ou une marraine pour poser ses questions, des séances d’entraînement entre étudiants proposées par notre tutorat, des fiches etc. Nos études étant difficiles, notre mission est aussi de veiller à ce qu’elles soient vécues le mieux possible, et quand ce n’est pas le cas, de faire remonter la réalité du mal-être étudiant, pour que cela soit entendu et pris en considération.

 

Un autre aspect de notre quotidien associatif, dans le milieu de la santé, consiste à mener à bien des projets de santé publique : octobre rose, téléthon, sidaction, don du sang, etc., nombreuses sont les occasions de sensibiliser le public étudiant (voire plus) à ces sujets qui nous tiennent à coeur. Nous faisons des récoltes afin de faire des dons à des associations caritatives, nous reversons les dons de certains évènements, nous participons à notre échelle.

 

Enfin le dernier aspect majeur qu’on pourrait souligner est celui de la représentation, que cela soit auprès de l’équipe pédagogique, mais également auprès de l’université d’Angers ou auprès des autres associations. Nous portons la voix des étudiant.e.s sages-femmes d’Angers auprès des autres étudiant.e.s d’Angers en administrant la Fé2A (Fédération Etudiantes des Associations de l’Anjou) mais également auprès des autres étudiant.e.s sages-femmes de toute la France en administrant l’ANESF (Association Nationale des Etudiant.e.s Sages-Femmes).

 

Quelles sont vos relations avec le corps professoral ?

Pas parfaite, comme dans la plupart des écoles de sages-femmes de France. Le mal-être des étudiants sages-femmes est une réalité. Il y a des moments de tension, quand il y a des redoublements, ou quand il s’agit des méthodes d’évaluation. Malgré tout, nous savons que nous sommes écoutés et nous trouvons des outils pour échanger sur ces points. On fait au mieux, et l’équipe pédagogique aussi.

 

Comment votre profession est-elle perçue du grand public ?

Comme dit plus tôt, nous essayons d’être présents dans les différents projets de santé publique et dans le plus d’instances possibles afin d’être reconnus et qu’on nous entende. Après, c’est de l’échange au quotidien avec les gens que l’on croise. Beaucoup ont déjà entendu le terme de “sage-femme” mais sans connaître un dixième du champ de compétence de ce métier. Alors on raconte un peu tout ce qu’on fait et souvent les gens sont plutôt surpris.

“Oh mais c’est le plus beau métier du monde !”. C’est certainement la phrase qui revient le plus quand on parle de nos études à quelqu’un. Parfois cette phrase est suivie du récit de l’accouchement de la femme à qui l’on parle, avec plus ou moins de détails, c’est assez marrant, souvent femmes sont ravies de pouvoir échanger sur ce moment unique de leur vie.

 

Pourquoi avez-vous choisi de vous engager à l’AESFA ?

A titre personnel, j’ai toujours été très engagée alors pour moi ça a été assez évident. Une fois tombée dedans, j’ai eu (et j’ai toujours) du mal à m’arrêter. L’associatif c’est un merveilleux outil pour faire de magnifiques rencontres, échanger sur des sujets captivants, participer à l’avenir de la jeunesse et de notre profession.

Au delà d’un sentiment d’utilité, on y développe un certain nombre de compétences très utiles pour notre avenir de professionnels, mais également d’adulte en général. J’ai pu dire aurevoir à ma phobie administrative par exemple. De la gestion de projet au travail en équipe, en passant par le management, la communication, la gestion de conflit, on n’en finit jamais d’apprendre dans l’associatif.

 

Comment est organisé le bureau de l’AESFA ?

Sur l’année 2018-2019 on était 18 ! Alors pour faire rapidement la liste : un président, un trésorier, un secrétaire, des vices-présidents en charge de la communication, de la santé publique, des partenariats, de l’événementiel, du tutorat, du tourisme, et de l’AMREF (ONG de santé publique qui aide à former des sages-femmes en Afrique entre autres missions) des administratrices ANESF et Fé2A (cf Q°2). On se réunit tous les mois pour voir où chacun en est et on s’entraide sur chaque projet.

 

Quels sont vos projets pour l’année 2019-2020 ?

Cette année, on aimerait pérenniser nos projets de santé publique qui ont particulièrement bien marché et continuer à en développer en travaillant avec les autres associations étudiantes d’Angers. On aimerait aussi poursuivre notre travail de dialogue avec l’équipe pédagogique et continuer à chercher et à développer des outils pour favoriser le bien-être des étudiants que nous représentons.
Notre tutorat poursuivra le développement des outils qu’il avait amorcé durant cette année. Quant à notre pôle évènementiel on espère qu’il redoublera d’originalité pour des moments de cohésion uniques. Et d’autres projets verront certainement le jour, chaque année nous offre son lot de surprises, et nous sommes prêts !

 

Un dernier mot ?

On espère que cette petite plongée dans notre quotidien vous a plu, si vous avez des questions retrouvez-nous sur les réseaux sociaux, notre page facebook : AESFA – association des étudiants sages femmes d’angers !

 

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