licence science politique

Chaque année, de nombreux étudiants souhaitent s’orienter vers la licence science politique : une licence pluridisciplinaire souvent méconnue. Tu hésites encore entre intégrer une université ou plutôt passé le concours Science Po ? Pour en savoir un peu plus sur la licence science politique et ses débouchés, nous avons interviewé Nathalie Ethuin, maître de conférences et responsable de la licence science politique de l’université de Lille. Immersion au sein de la licence de science politique de l’Université de Lille. (Pour contacter des étudiants en licence science politique, rendez-vous ici !)

Par Rayan Nour

Temps de lecture : 6 min

À lire aussi, le témoignage d’une étudiante sur la licence Science politique : matières, débouchés et programme

La licence Science Politique : témoignage d’une étudiante


 

Pouvez-vous présenter la licence Science politique ?

La licence science politique est une licence pluridisciplinaire. Cette licence contient beaucoup d’enseignements de science politique, les politiques locales et internationales. Mais aussi, des cours de droit et d’économie sont proposés à nos étudiants. Les cours de science politique en langue anglaise sont eux proposés au choix. Grâce à cette formation, les étudiants aborderont en trois ans, tous les aspects de la science politique : sociologie politique, pensée politique, politique publique, relation internationale, etc. 
 

Quel profil faut-il avoir pour intégrer la licence science po ?

Si nous faisons abstraction du parcours scolaire, les profils favorisés pour intégrer la licence science politique restent des profils ayant beaucoup de curiosité intellectuelle. Il faut, en effet être, en permanence informé et curieux de l’actualité française et mondiale. Nous favorisons également les profils ayant une aisance rédactionnelle et aimant lire. Beaucoup de travaux écrits et d’exposés oraux vous seront demandés.
 

Quelle spécialité choisir au lycée pour maximiser ses chances ? 

Nos étudiants sont principalement issus des spécialités SES et HGGSP. Leurs bagages d’économie, de science sociale et l’option science politique en terminale par exemple, peuvent en effet leur être très utiles. Nous avons également des étudiants à majeures scientifiques qui réussissent sans peine dans ce parcours universitaire.
 

Quel est le rythme des cours en licence Science politique ?

En licence science politique, il y a six cours par semestre à raison de trois heures par semaine et par matière. On compte donc dix-huit heures de cours magistraux. Il y a en plus trois TD (travaux dirigés) disciplinaires qui comprennent deux TD en français et un TD de langue étrangère. Cela fait donc un total de vingt-deux heures trente de cours par semaine en y ajoutant les TD. Il faut également compter les nombreuses heures de travail, en dehors des cours, afin de préparer au mieux les TD et les partiels. Il faut compter cinq à six heures de travail minimum pour préparer un seul TD. 
 

Pouvez-vous présenter l’organisation d’une semaine type en licence science politique? (cours magistraux, travaux pratique, travaux dirigés, etc.)

En première année, au premier semestre, vous aurez par exemple, des cours magistraux (trois heures par semaine chacun) tels que : vie politique française, introduction à la politique mondiale, principes généraux du droit constitutionnel. Les étudiants auront ensuite le choix entre un TD en anglais, allemand ou espagnol. Ce TD est accompagné de trois autres TD au choix : histoire du droit, grande théorie économique ou introduction aux juridictions institutionnelles / introduction au droit international. Les étudiants font le choix de trois TD parmi tous ces cours proposés. 
 
Au deuxième semestre, un cours en anglais sur la politique française est proposé. D’autres cours sont proposés au second semestre comme : enjeux sociaux contemporains et introduction à la science politique, droit constitutionnel de la 5ème République. 
 

Quelles sont les options proposées? Il y a-t-il une spécialisation en 3e année en licence science politique ? 

À l’Université de Lille par exemple, un parcours journalistique est proposé en lien avec l’école supérieure de journalisme de Lille. Dans ce cas, les étudiants suivent une partie de leurs enseignements à l’université et l’autre partie à ESJ. D’autres universités vont proposer d’autres parcours en lien ou non avec des écoles partenaires. 
 
En troisième année de licence science politique, il n’y a pas de spécialisation. Les cours deviennent plus « pointus » en troisième année, mais ils restent communs à tous les étudiants, car la spécialisation se fait en master. 
 

Quelles différences entre une licence science politique, un IEP (institut d’école politique) et Science Po? 

L’entrée dans un IEP se fait suite à un concours. L’entrée à l’université ne se fait pas par concours, mais par la sélection Parcoursup. Dans une université, les étudiants feront plus de science politique à proprement parler. En effet, dans un IEP, certains étudiants feront énormément de droit pour devenir juriste et feront très peu de science politique par exemple. D’autres choisiront, un parcours économie et finance et feront également peu de science politique. Au contraire, dans une licence science politique en université, la science politique et la science sociale sont au cœur des enseignements. Intellectuellement parlant, un étudiant apprendra tout autant de choses au cours de sa licence science politique qu’un étudiant en IEP. 
 
L’entrée à Science Po ou dans une autre IEP reste prestigieuse, car très sélective par leur concours d’entrée. Mais sur le point de vue intellectuel, les enseignements de l’université sont tout autant stimulants. On y enseigne toutes les grandes branches de la science politique, mais aussi des matières de droit et d’économie pour solidifier la culture. 
 

Peut-on intégrer la licence science politique à la suite d’un bac pro ? Techno ?

Les entrées provenant d’un baccalauréat professionnel ou technologique sont très rares, mais existent néanmoins. Les rares, qui y parviennent, se sont accrochés à leurs objectifs et ont suivi les conseils de leurs enseignants.
 

Quelles difficultés peuvent rencontrer les étudiants au sein de la licence ? Vos conseils pour réussir ?

La difficulté principale serait qu’un étudiant se doit d’être bon dans toutes les matières. Il ne peut pas se relâcher sur une matière en particulier. Parfois, certaines matières, notamment de droit, peuvent s’avérer être plus difficiles et les étudiants peuvent y avoir de moins bonnes notes qu’en science politique par exemple. Certains peuvent avoir du mal à saisir le raisonnement juridique, mais les enseignants mettent un point d’honneur à soutenir cette minorité d’étudiants. Grâce à la persévérance des étudiants et de leurs enseignants, nous comptons 65% de réussir en première session et 75% à la seconde. 
 

Quelle est la dimension international de cette licence? Quelle est la valeur du diplôme à et les débouchés à l’international?

Nos diplômes sont assez bien reconnus à l’international, il y a régulièrement plusieurs dizaines d’étudiants par universités qui partent afin de réaliser un semestre ou une année dans une université étrangère. Certains trouvent même du travail à l’étranger, notamment les étudiants avec une spécialité humanitaire ou dans les affaires européennes en master par exemple. 
 

Quels sont les masters auxquels un étudiant post licence peut prétendre ? 

Chaque université propose une variété de masters différents. À l’université de Lille par exemple, le master se divise en six parcours différents : le parcours communication publique et démocratie participative (pour former des chargés de mission par exemple), le parcours ingénierie de projet en politique urbaine (pour travailler sur des questions d’urbanisme ou de politique de la ville par exemple), le parcours affaire européenne, le parcours action humanitaire (permet des débouchés dans les institutions non-gouvernementales), le parcours action territoriale (pour préparer au concours de la fonction publique territoriale, notamment le concours d’attaché territorial) et enfin le parcours recherches (pour des étudiants qui se destinent à faire une thèse). Il existe également des masters à dimensions géopolitiques ou encore master sécurité/défense. 

Certains étudiants se destinent vers d’autres masters tels que des master de communications, de journalisme ect. 
 

Peut-on faire des stages en licence science politique?

Les stages ne sont pas obligatoires, mais sont bien évidemment possibles. Toutefois, ils doivent se tenir en dehors des heures de cours. 
 

Quels sont les débouchés d’une licence science politique ?

Beaucoup s’orientent vers la profession de chargé de mission au conseil régional, chargé de mission politique de la ville, assistant parlementaire collaborateur d’élu, chargé de mission dans des associations humanitaires, chargé de projets européens par exemple.

D’autres étudiants qui ont obtenu un master spécialisé sur les enjeux de défense, de sécurité ou de diplomatie, se destinent vers une voie diplomatique. 
 

Des conseil pour réussir son année une fois accepté ?

Le premier conseil, le plus évident, mais qui est toujours bon de rappeler : il faut toujours bien se rendre aux cours magistraux, et surtout les écouter. Ne pas se contenter de rattraper les cours au dernier moment, mais plutôt être assidu en amphithéâtre pour écouter le cours, le comprendre et avancer au même rythme que l’enseignant. Surtout, l’étudiant se doit de bien préparer ses TD et les exercices demandés dans chacun d’entre eux : les analyses de documents, les sujets de dissertation. Une grande régularité est demandée aux étudiants de cette licence. Le fait d’être régulier dans son travail évitera à l’étudiant de se laisser déborder par la quantité de travail. 
 

Un dernier mot ?

Il s’agit là d’une très bonne formation sur le point de vue intellectuel. Elle permet de créer une forte culture sur les enjeux sociétaux, culturels et politiques et donc d’entamer une belle carrière par la suite. 

 

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