droit

Comment préparer et réussir sa première année de droit ? Vous êtes au bon endroit ! La licence de droit est souvent considérée comme une formation universitaire exigeante. Nous avons interviewé Matthieu Thaury, directeur du CFJ (Centre de Formation Juridique), pour vous aider à réussir au mieux cette année de droit !

Par Rayan Nour
Temps de lecture : 8 min

#1 : Le droit, ce n’est pas (que) du par coeur.

Oui, faire du droit, ce n’est pas seulement apprendre par cœur des articles ou des décisions juridictionnelles. Faire du droit, c’est avant tout maîtriser des notions juridiques abstraites et savoir raisonner. Aussi, il n’existe pas de « profil type » pour faire du droit. Les scientifiques comme les littéraires sont susceptibles de réussir dans cette filière. Le tout est d’avoir une importante capacité de travail, de faire preuve de rigueur dans son organisation et de disposer de bonnes qualités d’expression et de compréhension.

 

#2 : Pour maitriser le droit, il faut maîtriser certaines connaissances vues au lycée.

Le droit est une matière assez nouvelle pour les étudiants qui entrent en première année. Contrairement à l’économie, à la philosophie ou aux sciences, il n’y a que peu d’enseignements des notions juridiques au lycée. Toutefois, vous aurez besoin de bien maîtriser certaines connaissances vues en seconde, en première ou en Terminale, parmi lesquelles :

– La philosophie : les théories de l’État et du contrat social et celles du naturalisme notamment ;

– L’histoire : l’histoire politique de la France au moins depuis 1789

Vous pouvez vous constituer des fiches spécifiques sur ces points. Une autre possibilité est de consulter un manuel d’introduction au droit. Cela vous permettra de tester votre attrait pour la matière et de commencer à vous familiariser avec les notions juridiques. Bien sûr, il faut également lire la presse et s’intéresser plus particulièrement aux questions juridiques et politiques.

 

#3 : L’été, c’est fait pour se reposer !

Au risque de vous surprendre, sachez que l’été, c’est fait pour…se reposer !

L’année sera longue et intense. Il faut donc arriver avec de l’énergie. Le mieux est de commencer à se renseigner sur l’organisation de votre université, d’aller sur les forums pour bénéficier de l’expérience et des conseils d’étudiants en droit.

Il faut, en revanche, continuer à lire la presse et à profiter de cette période de l’été pour travailler sa culture générale (par exemple en prenant un manuel d’histoire des institutions françaises).

 

Tu hésites entre la Licence de Droit, le BTS Notariat et le DUT Carrières Juridiques ? Quels débouchés ? Quelle spécialisation ? On vous dit tout :

#4 : Il ne faut pas « rater le wagon » !

Attention au rythme universitaire qui est très différent de celui du lycée ! L’année est découpée en semestre. On commence par les « cours d’amphis ». Les TD démarrent une à deux semaines plus tard avec des séances à préparer et des devoirs à rendre. Puis les partiels arrivent très vite. Il ne faut pas « rater le wagon ». Autrement dit, il faut organiser son travail personnel très tôt et mettre en place une méthode efficace. Exemple : relire ses cours le soir ; dégager des plages horaires pour préparer ses fiches etc…

 

Le Centre de formation juridique organise par ailleurs des stages de pré-rentrée. D’une durée d’une semaine, ces stages permettent de découvrir, en amont de la rentrée universitaire, les principales notions juridiques et de bénéficier des conseils d’enseignants expérimentés. C’est aussi une bonne manière de reprendre un rythme de travail.

 

#5 : Trouver une bonne organisation !

D’abord, il faut dire que la présence en amphi est facultative alors que la présence en TD est obligatoire. Les absences en TD sont tolérées dans une limite de 2 ou 3 selon l’Université. Au-delà, sauf circonstances particulières, l’étudiant est considéré comme défaillant.

Ensuite, l’idéal reste d’assister à l’intégralité des cours d’amphis pour les matières « fondamentales ».

Pour les matières complémentaires, cela peut se discuter. Y assister va faciliter le travail d’apprentissage au moment des partiels, mais cela peut s’avérer chronophage alors qu’il y a des séances TD à préparer ou des devoirs à rendre…
Si l’étudiant préfère ne pas assister aux cours, il est impératif de récupérer le plan de l’enseignant pour être sûr d’avoir le bon programme voire, idéalement, de se procurer les notes d’un autre étudiant.

Une autre technique assez répandue consiste à former un groupe de travail et à se répartir les matières complémentaires entre étudiants. Elle peut s’avérer pertinente… sous réserve de travailler avec des camarades sérieux et assidus !

 

#6 : Ne pas attendre avant de se mettre au travail.

L’année passe vite ! Dès décembre/janvier auront lieu les premiers partiels !
Le risque est également de travailler en quantité, mais de façon désorganisée, sans prioriser. Il est indispensable de se construire un planning de travail hebdomadaire réaliste et efficace.

Enfin, il est important de ne pas s’isoler. Avoir des temps d’échanges et de convivialité avec les autres étudiants, c’est se donner les chances de passer une année sereine et faire retomber le stress. Il ne faut pas non plus renoncer à ses loisirs. Une activité sportive ou culturelle régulière est même recommandée.

 

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#7 : Intégrer une prépa pour optimiser ses chances.

D’abord, la prépa n’est pas indispensable. Il est possible de réussir sans. Toutefois, elle permet d’optimiser fortement les chances de réussir sa première année du premier coup.
La prépa présente de nombreux avantages :

  • les enseignants transmettent des conseils pratiques pour organiser le travail
  • ils donnent les clés des principaux exercices juridiques (commentaire d’arrêt, cas pratique) qui ne sont pas toujours présentés à la faculté faute de temps. En effet, à la faculté, une séance de TD dure seulement 1 h 30 ou 2 h et le chargé d’enseignement n’a pas le temps de développer la méthodologie ni même, parfois, de traiter l’intégralité de la fiche…
  • ils apportent un suivi personnalisé en se concentrant sur les besoins et sur les difficultés des étudiants
  • enfin, la prépa fournit des contenus pédagogiques (vidéos, manuels, code civil) adaptés aux besoins des étudiants

 

#8 : Ficher et travailler ses cours.

Il y a deux temps :

  • Le soir ou le lendemain du cours, lorsque celui-ci est encore « frais » dans l’esprit de l’étudiant : relire ses notes et s’assurer qu’on a bien compris le cours. Ne pas hésiter, par exemple, à rechercher les termes juridiques sur lesquels on a des incertitudes dans un lexique ; à faire des recherches complémentaires en bibliothèque ou encore à consigner par écrit ses questions pour les poser à l’enseignant.
  • Pendant la période de révision des partiels, faire des fiches synthétiques qui ne soient pas en appliquant la technique suivante : je lis d’abord un « bloc » puis je fiche, sans quoi il y a un risque de recopier purement et simplement le cours.

 

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#9 : En début de licence, se concentrer sur le présent et non pas le Master.

Il est urgent d’attendre ! Vous allez découvrir petit à petit les matières qui vous plaisent le plus, mais aussi vous renseigner sur les métiers accessibles aux étudiants en droit.

Faire des stages est bien sûr une très bonne manière d’avancer dans ses choix.

Ensuite, bien des perspectives vont s’ouvrir : poursuivre en droit ; faire une admission parallèle en école de commerce ou dans un IEP ; passer un concours accessible à un niveau licence voire se mettre en recherche d’emploi…

 

#10 : Savoir que le droit ne mène pas uniquement aux métiers du droit !

Il faut combattre, là encore, une idée reçue : le droit ne mène pas uniquement aux métiers du droit (avocat, magistrat etc). Nombreux sont les juristes qui trouvent un emploi dans le domaine de la banque, des assurances, de l’enseignement, du journalisme ou qui passent des concours de la fonction publique.

Beaucoup d’étudiants qui entrent en droit veulent d’abord être « juge pour enfant » ou « avocat pénaliste ». Mais à la fin, peu d’entre eux exerceront ces professions non pas parce qu’elles seraient inaccessibles, mais parce qu’ils vont découvrir de nouvelles perspectives professionnelles au fur et à mesure de leur cursus.

Bref, il convient de rester ouvert et de se dire que les études de droit « ouvrent de nombreuses portes » …